La ville, en s'étendant sur les terres agricoles, apporte avec elle le regard que le citadin porte sur des paysages agricoles qu'il voudrait voir correspondre à son désir de campagne, souvent nourri d'images obsolètes. Faire de l'agriculteur le plasticien de l'environnement chargé de composer le paysage champêtre répondant à ce désir, comme on le fait pour un jardin d'agrément, s'avère rapidement être une utopie : si l'agriculture peut en partie répondre aux attentes citadines, en réinventant par exemple le maraîchage périurbain, ces réponses ne peuvent pas être économiquement viables au-delà de quelques réalisations ponctuelles.
Il serait sans doute plus efficace d'adapter le désir citadin à la réalité du monde agricole, et surtout d'inviter ce dernier à être partenaire de véritables projets de territoires agri-urbains, dans lesquels ses contraintes et attentes propres seraient prises en compte au même titre que la demande légitime des citadins d'un environnement résidentiel de qualité.
Extait du site agriurbanisme.fr |